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Pour les artistes, les NFT sont l’équivalent de la désintermédiation bancaire amorcée par la crypto. 

La désintermédiation est la diminution ou la disparition des intermédiaires sur un marché. C’est ce que les cryptomonnaies ont commencé à faire dans le secteur bancaire. Les NFT, ces entités numériques, chacune à l’identité propre et unique, gravée pour toujours sur la blockchain, font la même chose dans le monde de l’art.

Des oeuvres d’art numériques

Les NFT permettent de diffuser des œuvres d’art numérique sans avoir à passer par de nombreux intermédiaires. Prenons l’exemple de la musique. Pour sortir une chanson, un chanteur ou un compositeur devait passer à travers le filtre de nombreuses personnes et processus. Parmi eux, notamment des maisons de disques, qui non seulement avaient le pouvoir de valider ou non le travail de l’artiste, de le modifier avant de peut-être le lancer devant un public. Mais aussi de garder les droits d’auteur sur les œuvres, en échange d’un paiement forfaitaire à l’artiste; ou de lui laisser ses droits en lui concédant des royalties. Dans les deux cas, l’artiste recevait une part des recettes bien inférieure à celle de l’entreprise.

Il fallait de nombreuses ventes pour que cela devienne un revenu stable pour l’artiste. 

Aujourd’hui, la technologie blockchain rend possible la sortie d’une chanson ou une musique sous forme de NFT sans avoir l’approbation d’un label de musique, et avec une meilleure rémunération de l’artiste pour chaque vente. L’artiste a ainsi besoin de moins de ventes pour arriver à un revenu équivalent, et le seul juge de son travail est le consommateur final. Ceci donne beaucoup plus de liberté à l’artiste. Puisque qu’il y a besoin de toucher moins de personnes différentes, on peut affirmer un style plus singulier. On a moins besoin d’être “mainstream”.

Cette diminution d’intermédiaires lui permet aussi d’être en contact plus direct avec son public. 

Cette technologie met l’artiste à l’abri d’une dépossession de ses œuvres. Rappelons-nous de l’affaire entre la chanteuse Kesha et son producteur Dr Luke. Lorsque l’américaine a accusé le “hit-maker” de l’avoir violée, elle s’est vue privée de la capacité de pouvoir utiliser le répertoire de musique pour lequel elle était connue. En effet, il s’agissait justement de Dr Luke, son producteur, qui détenait tous les droits sur lesdites chansons. Avec la blockchain, le lien entre l’artiste et son œuvre est pour toujours inscrit dans la blockchain. 

Les arts visuels

Les arts visuels sont ceux qui ont le plus fait de bruit dans le secteur des jetons non fongibles. Les plateformes NFT ne font pas que permettre de rapprocher les amateurs d’art et les artistes. Elles permettent à ces derniers de rester connecter à leurs œuvres. Ce qui n’était pas le cas auparavant.

Un peintre qui vendrait ses tableaux à bas prix pour payer ses factures, alors qu’il n’est pas encore connu, ne pourra pas toucher d’argent sur la revente de ceux-ci si leurs cours augmentent.

Pis que cela, de nombreux artistes au cours des siècles précédents n’ont jamais profité du succès que leurs œuvres ont connu. On pense bien sûr à Monet, Gauguin ou Vermeer, mais prenons l’exemple de Vincent Van Gogh, peintre par passion mais ouvrier pour subvenir à ses besoins. Il décéda en 1890 dans la pauvreté. 40 ans plus tard, ses tableaux furent exposés au MoMA de New York. Ils attirèrent 120 000 personnes dans les années 1930. Son œuvre, “Portrait du Docteur Gachet” atteint le record de vente de 82.5 millions de dollars en 1990. Ni lui, ni sa famille n’ont pu profiter du succès de son travail. La blockchain permet de pallier tous ces problèmes en gardant le lien entre l’artiste et ses œuvres d’art. Chaque fois qu’une œuvre, sous forme de NFT, est vendue et revendue sur la blockchain, l’artiste peut toucher un petit pourcentage dessus. Ainsi l’artiste continue à être récompensé au fur et à mesure que ses œuvres gagnent en notoriété. On sait que certains NFT, en plus de l’amour de l’art, ont été achetés en temps qu’investissement. Désormais les marchands d’art, les collectionneurs et les investisseurs ne sont plus les seuls à gagner sur la revente des créations des artistes.

Ma collection de NFT

Cette liberté et cette immédiateté entre l’artiste et le public m’a moi aussi poussé à me lancer dans le secteur.

J’ai pu sortir ma première collection de NFT en partenariat avec le mannequin français Thibaut Morel. Étant photographe de mode, je travaille pour des marques de vêtements ou des magazines, mais pas toujours pour exprimer mon propre style jusqu’au bout. Le but est de servir ces intermédiaires. Cette série de photos, pensée entre la photographie d’art et l’édito mode, ne présente aucun vêtement ou accessoires à vendre. Elle ne sert pas une marque ou un magazine en particulier, mais juste une idée. Une idée qui part d’un jeu de mot.

Le nom de la collection est “Man Of Style”. Le modèle, Thibaut, peint en argent ressemble à un homme en acier (steel en anglais), mais il est aussi mannequin, professionnel de la mode, il a une allure, un style qui lui est propre. “Style”, en français, se prononce presque comme “Steel” (acier en anglais) et le principe est de montrer qu’un homme peut être à la fois fort et stylé. À la fois un homme d’acier, et un homme de style, intéressé par la mode. Il lui faudrait presque être fort et dur comme de l’acier, pour affirmer son style.

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By: BeinCrypto France